Pourquoi le match amical Brésil-Ghana va se jouer au Havre



Ce vendredi, le Brésil de Neymar dispute au Havre son avant-dernier match amical avant le Mondial au Qatar, à partir de 20h30 face au Ghana. Le lieu de la rencontre peut surprendre, bien qu’il s’explique par des raisons logistiques, mais surtout économiques.

Neymar, Vinicius Jr, Paqueta, Marquinhos sur la pelouse… du stade Océane, au Havre. Voilà ce que pourraient voir les près de 25.000 spectateurs qui remplissent l’enceinte habituelle du HAC. « On est très fiers et très heureux de pouvoir offrir ça à notre public, se réjouit Clément Calvez », directeur du développement du club normand. « C’est un coup de projecteur sympa pour la ville », ajoute-t-il, heureux de proposer « la possibilité pour les Havrais et les Normands de venir assister à cette rencontre de très haut niveau, de voir des stars internationales. »

Pourtant, ce Brésil-Ghana aurait dû se jouer en Angleterre. Mais pour des raisons pratiques et de logistique, la Fédération brésilienne et Pitch International, société qui « gère et monétise les matchs amicaux de l’équipe nationale masculine de football du Brésil », ont fini par se rabattre sur la France, où est aussi prévu Brésil-Tunisie, mardi, au Parc des Princes.

Le Havre plutôt que Reims ou Caen

En quête d’un plan B, Pitch International s’était alors tourné vers Evol Sport, une agence reconnue et habituée à organiser des matchs amicaux. « Il fallait trouver un second stade en France à moins de deux heures de Paris si possible, car le Brésil joue au Parc des Princes ensuite », explique Pierre Inquel, patron d’Evol Sport. « Il ne fallait pas un stade démesuré car la communauté ghanéenne n’est pas aussi grande que celle de la Tunisie. On avait plusieurs options. »

Les cas de Reims et Caen ont par exemple été examinés, mais refoulés pour des raisons de capacité ou de distance. « Après PSG-Monaco (le 28 août), où le sélectionneur Tite était présent, on est allé visiter les infrastructures au Havre », ajoute Pierre Inquel. Et le boss du Brésil a été conquis : « A côté de l’hôtel, il y a une église (Saint-Joseph) dans laquelle je me rendi, dit Tite dans les colonnes de Paris Normandie. Avant chaque match, j’aime en effet aller à l’église. C’est le seul moment que je m’accorde en dehors du travail. »

« Les produits sont non négligeables »

La sélection brésilienne a donc pris ses quartiers au Havre lundi, et quittera la Seine-Maritime samedi matin. « Nous sommes très fiers que le sélectionneur et la sélection aient fait le choix du HAC et de ses infrastructures », sourit Clément Calvez. Les joueurs du Brésil et ceux de l’équipe de Ligue 2 non concernés par la sélection se sont croisés toute la semaine. « Les sportifs étaient heureux, ils ont adapté leur organisation, leur planning pour que les deux équipes cohabitent. Cela s’est fait naturellement, sereinement. »

Le club, co-organisateur de l’événement, est aussi très impliqué dans l’aspect logistique de la rencontre : « Le personnel du club est mis à contribution : les services billetterie, communication, d’exploitation du stade, commerciaux, pour organizer et livré ce match. Nous sommes les relais pour toute la partie organisation. On commande les différents prestataires habituels du match comme la sécurité, l’accueil, les hôtesses, la restauration… » ‘argent, que le directeur du développement du club doyen ne souhaite pas préciser. « Il y a une rétribution pour la mise à disposition de nos infrastructures et de nos équipes. Les producteurs sont non négligeables mais ce n’est pas le sujet. On accueille une manifestation, notre implication implique une rémunération mais ça va au-delà de ça . »

Une affaire juteuse

La Fédération brésilienne est habituée à ce genre de délocalisation et en un même fait un business, puisque le match de ce vendredi entre dans le cadre du « Brasil Global Tour ». Cette « tournée mondiale » de match amicaux dure depuis 2012 et s’achève cette année. L’objectif : assurer des rentrées d’argent avec ces matchs sans enjeux à l’extérieur, en commercialisant l’image de l’équipe brésilienne. Cela a amené les coéquipiers de Neymar à jouer aux États-Unis, en Australie, à Singapour, en Afrique du Sud, en Chine, en Corée du Sud, en Arabie Saoudite ou encore aux Emirats-Arabes Unis.

Avec tout un écosystème économique autour et des sponsors (Fiat, American Airlines, …), qui profite de la diffusion des matchs dans 170 pays (sur BeIN Sports en France). Selon des médias étrangers, certaines rencontres amicales ont rapporté près de 3 millions de dollars. Des rentrées d’argent loin d’être dérisoires. Même si pour Tite et ses joueurs, affronter le Ghana est l’occasion de se projeter vers le Mondial 2022 au Qataroù les Brésiliens affronteront la Serbie, la Suisse et le Cameroun lors de la phase de poules, qui débutera dans deux mois.



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