Pinot, un Tour de France 2023 en suspens avant sa retraite



Thibaut Pinot, 32 ans, a annoncé ce jeudi qu’il prendrait sa retraite à la fin de la saison, épilogue d’une carrière caractérisée par des coups d’éclat et des grandes déceptions. Reste à savoir s’il sera au départ du prochain Tour de France.

Il faudra sortir les mouchoirs en octobre prochain. Car au soir du Tour de Lombardie, l’un des plus grands cyclistes français rangera son vélo. Pour tourner la page d’une carrière riche en émotions et retourner chez lui, dans son village de Haute-Saône, à Mélisey, enfin débarrassé de la pression qu’il a si souvent cherché à fuir pendant plus d’une décennie. A 33 ans, Thibaut Pinot mettra un terme à sa carrière professionnelle démarrée en 2010. Il lui reste donc quelques mois pour garnir un palmarès qui compte déjà 33 victoires, dont un Monument, le Tour de Lombardie en 2018, et six étapes sur les Grands Tours (trois sur le Tour de France, deux sur la Vuelta et une sur le Giro). Son grand objectif pour cette dernière année est d’ores et déjà fixé.

Cinq ans après sa dernière participation, Pinot sera de retour sur le Tour d’Italie (6-28 mai), sa course de cœur, avec l’objectif de lever les bras au moins une fois et de prendre sa revanche sur l’abandon qu’il avait subi en 2018 à la veille de l’arrivée à Rome alors qu’il occupait la troisième place du général. Mais le public français, un brin cocardier, espère surtout le voir pendant trois semaines cet été, du 1er au 23 juillet. Sauf que sa participation au Tour de France est loin d’être actée. « Pour ma dernière année, j’ai envie d’y aller, ça me cause chier de le manquer. Le Tour a été dur, mais c’est aussi lui qui m’a donné les plus belles émotions », dit-il ce jeudi dans les colonnes de L’Équipe.

« Il faut que j’y sois »

C’est sur le Tour qu’il a connu état de grâce et ultime détresse, immense bonheur et douleur éternelle. Il ya ce succès en 2012 à Porrentruy pour ses débuts sur le Tour. Il y a aussi 2014, le maillot blanc et ce podium qui ravive alors l’espoir de mettre fin aux souffrances d’un pays qui attend un vainqueur bleu-blanc-rouge depuis Bernard Hinault en 1985. Et puis personne n’a oublié ses triomphes à l’Alpe d’Huez en 2015 et au Tourmalet en 2019. Mais Pinot c’est aussi beaucoup de malchance et de déceptions sur le Tour. Comme en 2013 quand une angine et des attentes trop dures à gérer ont raison de ses ambitions. Exténué ou malade, il doit aussi jeter l’éponge en 2016 et 2017. En 2019, il croit enfin tenir sa place sur le podium, et peut même rêver à la plus haute, mais une blessure musculaire le met KO à deux jours des Champs -Élysées.

L’an dernier, le Franc-Comtois avait alterné le bon et le moins bon. Avec des places d’honneur, un top 15 final, et des coups de main pour David Gaudu, devenu son leader et solide quatrième à Paris derrière le trio Jonas Vingegaard-Tadeg Pogacar-Geraint Thomas. En 2023, Groupama-FDJ misera à nouveau sur son grimpeur breton pour le général. Mais peut-être aussi sur Arnaud Démare pour les sprints. Alors quelle place pour Pinot ? Sera-t-il retenu parmi les huit coureurs que devra retenir Marc Madiot ? « Marc l’a dit et répété, il veut la meilleure équipe au Tour. A moi d’être le meilleur grimpeur après David (Gaudu), d’être très bon au Giro, de faire mes preuves. J’irai vraiment dans l « optique d’aider David. Pour que ma dernière année soit belle, il faut que j’y sois. Rien que pour tous ceux qui m’ont soutenu », explique Pinot auprès de L’Equipe.

Pour les sponsors de sa formation, le voir au départ du Tour à Bilbao serait bien sûr un relâchement, lui qui était encore le grand gagnant à l’applaudimètre l’an dernier. Seul le double champion du monde Julian Alaphilippe peut espérer rivaliser avec lui. Et puis d’un point de vue sportif, il pourrait être un soldat précieux pour Gaudu dans sa quête d’un podium. Tout en se laisse supposer la possibilité de se glisser dans quelques échappées pour réussir un dernier gros coup. A lui, donc, de prouver avant l’été qu’il est loin d’être cramé. « Il ne va pas vouloir sortir en traînant la patte en queue de peloton ou dans le grupetto, ça c’est clair », assure Madiot auprès de RMC Sport. « Il a beaucoup transmis de ses émotions, ajoute-t-il sur le site de Groupama-FDJ. Je ne sais pas quelle sera la teneur des réactions, mais il y aura un coup sûr de l’amour. Il n’y a même pas besoin de dire au public d’aller sur les routes pour le voir une dernière fois, il y sera de toute façon. » Y compris sur le Tour ?



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