Pascal Canfin : « Le plafonnement des prix du gaz proposé par la Commission est cosmétique »



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Les questions climatiques ont largement occupé la scène internationale ces dernières semaines, entre la COP27 de Charm el-Cheikh et le sommet du G20 à Bali. Pascal Canfin, député européen français du groupe Renew Europe et président de la Commission Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire du Parlement européen revient sur ces sujets. Il salue les efforts de l’Europe dans sa volonté d’indépendance vis-à-vis du gaz russe, mais regrette un plafonnement des prix « cosmétique » de la part de la Commission.

L’Europe s’est dite « décue » par les accords signés à l’issue de la COP27 de Charm el-Cheikh. Mais Pascal Canfin avoue qu’il n’en « attendait pas grand-chose » et souligne que « les tensions fortes entre les États-Unis et la Chine produisent tout accord très compliqué », d’autant plus que le principe d’unanimité au sein de cette réunion annuelle onusienne. Il tient cependant à saluer la création d’un « fonds pertes et dommages » pour les pays les plus vulnérables, en plus des 100 milliards par un déjà promis. « Et nous sommes presque aux 100 milliards avec 3 ans de retard », précise-t-il. « L’Europe a bien joué » pour imposer ce fonds nouveau, en insistant sur le fait que « ce ne soit pas toujours nous, les Européens, les Américains et les Japonais, qui allons payer. Il faut aussi que les Chinois payent » car , rappelle-t-il, « la Chine est aujourd’hui de très très loin le plus gros émetteur de CO2 au monde. »

Et « la Chine, tout comme les États-Unis, l’Inde, la Russie ou le Brésil, n’ont pris aucun engagement nouveau », regrette-t-il. Contrairement à l’Europe, qui est « l’un des rares » à l’avoir fait en développant ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre de 55 % à 57 % à l’horizon 2030. « Vous allez me dire que c’est insignifiant, mais ces 2 %, c’est l’équivalent de la totalité des émissions par an d’un pays comme l’Autriche ou le Portugal », insiste-t-il.

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Mais pour Pascal Canfin, tout ne se passe pas à la COP, lorsqu’il s’agit de mesures en matière de lutte pour la préservation du climat. Il y a notamment leAccord vert européenneavec « l’obligation, pour les constructeurs automobiles qui vendent en Europe, de ne plus vendre que des véhicules zéro émission à 100 % en 2035, de manière obligatoire et contraignante », mais également les accords spécifiés comme celui signé entre les pays riches – dont l’Europe – et l’Indonésie, en marge du G20 de Balipour « accompagner vers la sortie du charbon » ce pays 3ᵉ producteur au monde car, « on le sait, le charbon, c’est la pire énergie en termes de réchauffement climatique ».

L’Europe se dégage progressivement de sa dépendance au gaz russe, sur fond de forte augmentation des prix de l’énergie et craintes de pénurie : « même si nous sommes maintenant presque totalement indépendants du gaz russe, toute l’année 2022 nous avons continué à utiliser ce gaz pour remplir nos stocks (…) nous devons donc passer l’hiver sans trop de difficultés ». Il précise cependant : « à condition qu’on fasse des économies d’énergies », car « nous allons sortir de l’hiver avec des réserves de gaz proches de zéro, et nous n’aurons plus le gaz russe, bien évidemment, pour les recharger », nuance-t-il.

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Mais il est moins optimiste en ce qui concerne le prix de l’énergie. Malgré la mise en place par la Commission européenne d’un plafonnement des prix du gaz à 275 euros le mégawattheure pour les contrats à long terme, c’est largement insuffisant, selon Pascal Canfin qui juge cette mesure « cosmétique ». Selon lui, la solution passe par l’accélération « des renouvelables, l’efficacité énergétique, la sobriété, et faire des contrats avec des fournisseurs alternatifs », même s’il regrette de devoir « malheureusement chercher du gaz (de schiste, NDLR) aux États-Unis ». Et c’est pourquoi il demande de « s’assurer que les nouveaux contrats qui sont signés avec l’Algérie, avec le Qatar, avec les États-Unis, soient compatibles avec le Accord vert« .

Le 30 septembre 2022, les ministres de l’Énergie du 27 ont signé un accord sur la taxation des superprofits des entreprises des secteurs des combustibles et des énergies fossiles. Mandaté au niveau national par le parti Renaissance pour réfléchir au partage de la valeur, Pascal Canfin a fait une proposition au gouvernement français qui consiste au versement d’une « super-prime » aux salariés de ces entreprises qui réalisent des superprofits, de la même manière que les actionnaires reçoivent des superdividendes. Cette proposition est maintenant dans les mains du gouvernement mais « pas dans le projet de loi de finance 2023 », regrette Pascal Canfin, qui « aurait préféré que ça le soit ».

Émission, préparée par Isabelle Romero, Sophie Samaille et Perrine Desplats

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