l’Europe se bat pour rester dans la course spatiale



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Les vingt-deux ministres des pays membres de l’Agence spatiale européenne se sont réunis du 21 au 23 novembre pour fixer le budget de l’institution pour la période 2023-2025 et le répartir entre les différents programmes.

L’Europe va-t-elle rester un géant de l’espace ? L’Agence spatiale européenne (ESA) va voter mercredi 23 novembre un budget décisif pour rester dans la course, et dévoiler au public sa nouvelle et très attendue promotion d’astronautes.

Les 22 pays membres de l’ESA, dont les ministres chargés du spatial, sont réunis à Paris depuis mardi. Ils doivent décider de leurs programmes et financements pour les trois prochaines années. L’ESA requiert une souscription totale de 18,5 milliards d’euros, en hausse de plus d’un quart par rapport à la période précédente.

L’effort demandé en pleine crise économique est « immense », mais nécessaire si « nous ne voulons pas sortir de la course », plaide son directeur général, Josef Aschbacher, arguant que les budgets spatiaux s’étendent partout dans le monde.

Rester dans la course face aux États-Unis et à la Chine

Le Vieux Continent ne veut pas se laisser trop distancer par les États-Unis et la Chine, qui investissent massivement dans le spatial et notamment l’exploration. Et maintenir son rang sur un échiquier où la compétition fait rage en pleine révolution du « New Space », qui voit les acteurs privés se multiplier, le groupe américain SpaceX en tête.

« Si nous voulons être indépendants, nous devons mettre de l’argent sur la table », juge le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire, chargé du spatial, qui appelle l’Europe à « faire bloc face aux ambitions chinoises et américaines « .

« Nous devons accélérer la commercialisation de l’espace » pour rattraper le retard européen sur les investissements privés, exhorte Josef Aschbacher, insistant sur les retombées économiques massives de ces budgets.

Ces investissements, auxquels chaque État abonde à sa guise, concernent notamment l’observation de la Terre, qui permet de mesurer l’impact du réchauffement climatique (3 milliards d’euros demandés), le transport spatial, notamment pour le lanceur Ariane 6 ( 3,3 milliards) ou encore l’exploration humaine et robotique de l’espace (3 milliards). Presque toutes les lignes demandées par l’ESA sont en progression nette, à l’exception des contributions demandées pour les programmes scientifiques (3 milliards d’euros) qui ne font que s’ajuster à l’inflation.

Négociations cruciales sur les lanceurs

Les négociations s’annoncent ardues sur les lanceurs, sujet crucial pour un accès autonome à l’espace. La souveraineté européenne est fragilisée par les retardataires d’Ariane 6 -considérée comme la riposte à Space X- et la guerre en Ukraine, qui a privé l’Europe des lanceurs russes Soyouz. L’ESA a, par exemple, été contrainte de recourir aux services de la société d’Elon Musk pour lancer deux missions scientifiques.

Le dossier des lanceurs est régulièrement une source de « tiraillements » entre la France, l’Allemagne et l’Italie, reconnaît Philippe Baptiste, président du CNES, l’agence spatiale française.

Pour apaiser les tensions, ces trois principaux pays contributeurs de l’ESA se sont accordés dès mardi pour garantir l’exploitation future de la fusée Ariane 6 et de sa petite soeur Vega-C, et permettre aux micro et mini-lanceurs d’être envoyé pour le compte de l’ESA.

Les discussions sur les futurs satellites d’observation de la Terre, qui permettent de mesurer l’impact du réchauffement climatique, s’annoncent elles plus longues que prévu, car « nous sommes pour l’instant en deçà du niveau requis », selon Josef Aschbacher.

Nouvelle génération d’astronautes

Sur le tableau également, la contribution de 750 millions d’euros de l’ESA au projet Iris de constellation de satellites de communications sécurisées de l’Union européenne, qui prévoit de son côté d’y consacrer 2,4 milliards d’euros.

Sitôt son budget adopté, l’ESA lèvera le voile sur sa nouvelle promotion d’astronautes, qui succédera à celle de 2009 dont fait partie le Français Thomas Pesquet. Entre quatre et six personnes ont été choisies parmi plus de 22 000 candidats, au terme d’un long processus de sélection (tests médicaux, psychologiques, entretiens…).

Une Française ou un Français pourrait faire partie des lauréats appelés à voler en orbitedans la Station spatiale internationale (ISS) dans un premier temps – les quelques lieux pour les futures missions lunaires seront réservés à la génération précédente déjà rodée aux séjours en orbite basse.

Pour les nouveaux venus, les entraînements commenceront en avril 2023 au Centre européen des astronautes à Cologne, en Allemagne. L’ESA présentera en parallèle un ou plusieurs astronautes porteurs d’un handicap physique, avec lesquels seront menés une « étude de développement » sur un séjour dans l’espace. Une première.

Avec AFP



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