En pleine tension avec la Chine, le Japon signe un pacte militaire avec le Royaume-Uni



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Le Premier ministre britannique Rishi Sunak et son homologue japonais Fumio Kishida ont signé mercredi à Londres un « accord d’accès réciproque » permettant aux armées de chacun des deux pays de se poursuivre sur le territoire de l’autre, alors que les rapports entre le Japon et la Chine se sont dégradés ces dernières années.

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak et son homologue japonais Fumio Kishida ont signé mercredi 11 janvier à Londres un « accord d’accès réciproque » rapprochant leurs armées, dans un contexte d’ambitions chinoises croissantes en Asie-Pacifique.

Ce traité, dont les négociations ont commencé en 2021, est à la fois le signe de l’intérêt croissant du Royaume-Uni pour l’Asie-Pacifique et des efforts du Japon pour renforcer ses alliances face notamment à la Chine, qualifiées par le gouvernement nippon de « défi stratégique sans précédent » pour sa sécurité.

Cet accord va permettre de sciller « l’engagement du Royaume-Uni dans la sécurité dans l’Indo-Pacifique », a souligné Downing Street dans un communiqué.

Grâce à ce traité, le plus important en matière de défense entre les deux pays depuis l’alliance anglo-japonaise de 1902 contre la Russie, le Royaume-Uni deviendra le premier pays européen à disposer avec le Japon d’un tel accord. Ce dernier permet aux armées de chacun des pays de se développer sur le territoire de l’autre, et plus généralement établi un cadre juridique pour leur coopération.

« C’est une avancée assez significative pour les deux pays », a révélé Euan Graham, un chercheur de l’Institut international d’études stratégiques interrogé mercredi par l’AFP.

Car l’absence d’un tel accord restreignait jusqu’à présent leur coopération bilatérale en matière de défense, et l’opération était « plus compliquée au niveau diplomatique » en impliquant un feu vert du ministère des Affaires étrangères, a expliqué Euan Graham.

Le traité doit permettre aux forces armées des deux pays de « planifier et mettre en œuvre des exercices et déploiements militaires plus complexes et de plus grande ampleur », selon Downing Street.

« La région Asie-Pacifique est un haut lieu de développement pacifique, pas une arène pour des jeux géopolitiques », a réagi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin.

« La coopération en matière de défense devrait favoriser l’amélioration de la compréhension mutuelle, la confiance et la coopération entre pays », at-il préféré, et non de « créer des ennemis imaginaires, et encore moins d’introduire la vieille mentalité de confrontation de blocs dans la région ».

Tournée du G7

La Chine et le Japon, respectivement deuxième et troisième économies mondiales, sont d’importants partenaires commerciaux, mais leurs rapports se sont dégradés ces dernières années.

Le Japon se plaint régulièrement de l’activité maritime chinoise autour des îles Senkaku, administrées par Tokyo mais que Pékin revendique sous le nom de Diaoyu.

Le Japon, qui a signé en janvier dernier un accord similaire avec l’Australie, procède actuellement à un vaste remaniement de sa politique de défense pour contrecarrer la puissance militaire chinoise.

En décembre, il a ainsi approuvé une nouvelle « stratégie de sécurité nationale » prévoyant de doubler son budget annuel de défense en le faisant passer d’environ 1% de son PIB à 2% d’ici 2027.

Il s’agit d’un tournant majeur pour le pays, dont la Constitution pacifiste, adoptée au lendemain de sa défaite à la fin de la Seconde guerre mondiale, lui interdit en principe de se doter d’une véritable armée.

Le chef du gouvernement britannique, qui montre une posture de plus en plus ferme face à la Chine, a lui insisté sur le besoin de coopérer face aux « défis mondiaux sans précédent de notre époque ».

Royaume-Uni et Japon sont en outre associés avec l’Italie pour développer un avion de combat de nouvelle génération d’ici à 2035.

En tournée dans plusieurs pays du G7 depuis lundi, Fumio Kishida s’est d’abord rendu à Paris et Rome. Après Londres mercredi, il est attendu jeudi à Ottawa, la capitale du Canada, avant de rencontrer le président américain Joe Biden vendredi à Washington.

En France, Fumio Kishida et le président Emmanuel Macron ont doté leur volonté de poursuivre le partenariat entre leurs pays en matière sécuritaire dans la région Asie-Pacifique, contre « les tentatives unilatérales de changement du statu quo par la force », expression employée par Fumio Kishida en allusion à la Chine.

Avec AFP



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