En Malaisie, le leader de l’opposition, Anwar Ibrahim, nommé Premier ministre



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Le chef de l’opposition en Malaisie, Anwar Ibrahim, a été nommé Premier ministre, jeudi, a annoncé le palais royal. Le pays était dans l’impasse politique depuis les élections législatives du 19 novembre qui n’avaient donné de majorité à aucune des trois grandes coalitions en lice.

Le dirigeant réformiste Anwar Ibrahim a été nommé Premier ministre de Malaisiea annoncé jeudi 24 novembre le Palais royal, mettant fin à une longue incertitude après les législatives de samedi qui n’avaient donné la majorité à aucun parti.

Anwar Ibrahim, qui était jusqu’à présent le chef principal de l’opposition, est nommé « dixième Premier ministre de Malaisie », a fait savoir le palais royal dans un communiqué. Il devait prêter serment jeudi à 17 heures (9 heures GMT). Anwar Ibrahim réalise ainsi sa carrière à 75 ans son rêve de devenir Premier ministre, qu’il caresse depuis un quart de siècle et qui couronne une politique mouvementée. Vice-Premier ministre dans les années 1990, il a passé près de dix ans en prison pour sodomie et corruption, des accusations motivées politiquement qui visaient à mettre fin à sa carrière, selon lui.

Pakatan Harapan (Alliance de l’espoir), la coalition réformiste multiethnique menée par Anwar Ibrahim, a obtenu le meilleur résultat aux élections législatives de samedi avec 82 sièges. Mais elle reste loin de la majorité absolue, dans un Parlement de 222 sièges.

Le roi de Malaisie, le sultan Abdullah Ahmad Shah, avait convoqué mercredi au palais Anwar Ibrahim et l’ancien Premier ministre Muhyiddin Yassin, dont la formation Perikatan Nasional (Alliance nationale) est arrivée deuxième aux élections avec 73 sièges. Selon le second, le souverain avait demandé aux deux hommes de former un « gouvernement d’unité ». Perikatan Nasional est soutenu par le Parti islamique pan-malaisien (PAS), qui prône une application stricte de la charia.

Anwar Ibrahim avait aussi exécuté, lundi, des tractations avec la formation jusqu’à présent au pouvoir, Barisan Nasional. Menée par l’Organisation nationale unifiée malaise (Umno), cette formation est arrivée loin derrière avec 30 sièges, son pire résultat électoral depuis l’indépendance du pays en 1957. Le roi de Malaisie a le pouvoir discrétionnaire de nommer un Premier ministre dont il pense qu’il a le soutien de la majorité des députés.

Valse des gouvernements

La Malaisie, majoritairement musulmane qui comprend d’importantes minorités chinoises et indiennes, est une monarchie constitutionnelle dotée d’un système unique de rotation du trône tous les cinq ans entre les souverains des neuf États malaisiens.

Quatre ans, le pays est secoué par des turbulences politiques et une valse des gouvernements, qui ont conduit trois premiers ministres à se succéder en quatre ans.

Après plus de soixante ans aux commandes, l’Umno a été lourdement sanctionnée dans les urnes et évincée du pouvoir en 2018, marquant la première alternance de l’histoire du pays. Le premier ministre de l’époque Najib Razakimpliquée dans le détournement de plusieurs milliards de dollars du fonds souverain 1MDB, purge actuellement une peine de douze ans de prison.

L’Umno était revenu aux affaires avec une faible majorité en 2021. C’est dans l’espoir de renforcer son emprise sur le pouvoir que le Premier ministre Ismail Sabri Yaakob a dissous le Parlement et convoqué des élections anticipées, initialement prévues en septembre 2023 Mais l’Unmo pâtit toujours de son association avec la vaste affaire de corruption 1MDB, un fonds qui devait contribuer au développement du pays.

Avec AFP



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