Diallo, Platini, Keller… Qui pour succéder à Noël Le Graët en cas de départ définitif ?


Suspendu de la présidence de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët pourrait voir sa mise en retrait devenir définitive après la publication de l’audit de contrôle demandé par le gouvernement. Philippe Diallo, Michel Platini, Marc Keller… Plusieurs profils se dégagent déjà pour lui succéder.

La mise à l’écart de Noël Le Graët de la présidence de la Fédération française de football (FFF) n’est-elle que temporaire ? La diffusion d’un témoignage relatant son comportement sexiste et ses propos à l’emporte-pièce visant Zinedine Zidane ont abouti à sa mise en retrait, mercredi 11 janvier, lors d’un Comité exécutif (Comex) extraordinaire.

Officiellement, le comité est dans l’attente des résultats de l’audit sur la direction de la FFF, commandé par le ministère des Sports, pour prendre une décision définitive. Bien que Noël Le Graët ait juré qu’il n’en résultait rien de réducteur, le quotidien L’Équipe estime que le retour du dirigeant à son poste est peu probable.

Alors qui pour succéder au menhir breton ? Parmi les personnalités évoquées, trois noms se dégagent : Philippe Diallo, Marc Keller et Michel Platini.

  • Philippe Diallo : un intérim qui pourrait durer

Philippe Diallo assure l'intérim à la tête de la Fédération française de football.
Philippe Diallo assure l’intérim à la tête de la Fédération française de football. © Anne-Christine Poujoulat, AFP

La mise en retrait de Noël Le Graët l’a propulsé dans la lumière en lui offrant la présidence par intérim de la FFF. Inconnu du grand public, Philippe Diallo est pourtant un fin connaisseur des arcanes du football. L’homme de 59 ans a dirigé pendant près de 30 ans (de 1992 à 2021) l’Union des clubs professionnels de football (UCPF), le syndicat patronal des clubs professionnels, et a joué notamment un rôle important dans les réformes des transferts de joueurs.

Ce technocrate diplômé en droit public et droit des affaires possède aussi une expérience internationale en tant que juge unique à la Chambre de résolutions des litiges de la Fifa depuis 2003. Depuis 2013, il est en outre à la tête du Conseil social du mouvement sportif ( Cosmos), une organisation patronale regroupant plusieurs milliers de structures (clubs, ligues, organisateurs d’événements…).

Pour Frédéric Jaillant, ancien journaliste et chargé de la communication de la Ligue de football professionnel (LFP) sous la présidence Thiriez, Philippe Diallo est « l’une des personnalités les moins connues du football français mais sans doute l’une des plus puissantes et des plus influentes. Il est à la fois pragmatique et politique. »

Ces derniers mois, le vice-président délégué s’était attaché à déminer les nombreuses polémiques concernant la Fédération, annoncént par exemple une réflexion pour créer un fonds d’indemnisation des victimes d’accidents du travail sur les chantiers du Mondial au Qatar. À présent à la tête de l’association, au moins jusqu’au prochain Comité exécutif, Philippe Diallo aura pour mission de stabiliser une instance fragilisée.

« Une fois qu’il sera en poste, on verra que c’est ‘la bonne personne au bon endroit’ (NDLR). Ce sera une évidence pour tout le monde », affirme encore Frédéric Jaillant.

  • Marc Keller : l’héritier de Noël Le Graët

Marc Keller est le président du RC Strasbourg.
Marc Keller est le président du RC Strasbourg. © Frédérick Florin, AFP

Entré au Comité exécutif de la FFF pour la première fois en mars 2021 sur la liste de Noël Le Graët, Marc Keller, 54 ans, est l’homme qui monte dans le football français. L’ancien attaquant est le président de la renaissance du Racing Club de Strasbourg, qu’il a repris en 2012 après une banqueroute ayant entraîné la perte de son statut professionnel.

Supporters choyés, privilèges privilégiés avec les entreprises locales, partenariat avec la Région… Marc Keller a mis le local au cœur de la stratégie de son club et ça marche. Le RC Strasbourg a retrouvé la Ligue 1 dès 2017 et remporte même la Coupe de la Ligue en 2019. Sa réussite est remportée par tout le football français et Noël Le Graët, qui s’identifie à lui, n’a jamais caché sa volonté de le voir lui succéder.

« Marc Keller est un homme qui a bien réussi sa vie et son club. Il ne la ramène pas pour tout et rien. Bien sûr, il faudra qu’il vende son club d’ici là, ce qui n’est pas le plus facile. Mais si Marc Keller est libre, j’aimerais bien qu’il prenne ma place », disait Noël Le Graët en mars 2022.

Cependant, le Strasbourgeois attendait plutôt les élections de 2024 pour se lancer. La situation de son club (19e de Ligue 1), auquel il dit dépenser toute son énergie, pourrait l’amener à renoncer à une prise de pouvoir anticipée.

  • Michel Platini : un retour en grâce ?

Michel Platini a retrouvé le sourire après son acquittement.
Michel Platini a retrouvé le sourire après son acquittement. © Fabrice Coffrini, AFP

Ancien président de l’UEFA (2007-2015), coprésident du Comité d’organisation du Mondial-1998 mais aussi ex-vice-président de la FFF, Michel Platini à l’habitude des institutions et de leurs rouages. Sa légitimité en matière de football est également incontestable : il a été l’homme qui a remis à la France son premier trophée international en 1984 et a remporté trois Ballons d’Or consécutifs de 1984 à 1986.

Malgré la nécessaire indépendance de la fédération vis-à-vis du gouvernement en matière de nomination de son dirigeant, il semblerait que le nom de Michel Platini soit plébiscité par le président Emmanuel Macron et la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra. Le premier aurait tâté le terrain par SMS, selon RMC, tandis que la seconde doit rencontrer « Platoche » en février, après la remise de l’audit qui pourrait sceller le sort de Noël Le Graët.

Cependant, Michel Platini hésite à replonger. Et pour cause : depuis 2015, son nom a été mêlé au scandale de corruption concernant l’attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Soupçonné d’escroquerie, il a récemment gagné son procès et a été acquitté après six ans de procédure. Mais le parquet suisse a fait appel.

Proche de Noël Le Graët, le président de l’Olympique Lyonnais, Jean Michel Aulassolidement déployé et reconnu, fait figure de candidat parfait. Mais, à l’issue du Comex, il a encore juré que le poste ne l’intéresse pas. Le timing serait pourtant idéal, Jean-Michel Aulas transmettant les rênes de son club à l’Américain John Textor.

Jamel Sandjak, le président de la Ligue de Paris-Île de France qui s’était rallié à Noël Le Graët lors de la dernière élection, fait figure d’ambitieux. Il pourrait tenter de prendre le contrôle de la FFF. Tout comme Frédéric Thiriez. L’ancien patron de la LFP avait vu sa liste battue lors des dernières élections, mais il pourrait retenir sa chance en profitant de la déconfiture de son ancien adversaire.



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