des milliers de manifestants convergent vers Lima malgré l’état d’urgence



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Lundi, depuis des manifestants bravent l’état d’urgence et convergent vers la capitale du Pérou, Lima, pour réclamer la démission de la présidente Dina Boluarte.

Des milliers de contestataires convergeaient toujours mardi 17 janvier vers la capitale péruvienne Limaoù ils compétents se rassembler en masse cette semaine pour réclamer la démission de la présidente Dina Boluarte et de nouvelles élections.

« Nous allons dans la capitale pour faire entendre notre voix de protestation », dit à l’AFP Jimmy Mamani, un chef indigène Aymara de la région de Puno. Le maire du village de San Isidro veut croire que cette marche sera de l’acabit des manifestations de juillet 2000 contre l’ancien autocrate Alberto Fujimori.

Lundi, depuis des centaines de paysans comme lui avalent les 1 350 kilomètres qui les séparent de la capitale pour organiser une manifestation « pacifique ».

Plus de 40 personnes tuées

Dans la nuit, des dizaines de protestataires sur le marché vers la place San Martin, l’épicentre historique des mouvements sociaux à Lima. Depuis le début des manifestations il y a cinq semaines, au moins 42 personnes sont mortes dans des affrontements entre les protestataires et la police, selon le bureau de l’Ombudsman péruvien.

Au cœur des revendications : la démission de Dina Boluarte, qui a remplacé l’ex-président destitué Pedro Castillo, la tenue immédiate d’élections et la convocation d’une Assemblée constituante. Beaucoup, comme Jimmy Mamani, jugent que le gouvernement « fait la sourde oreille »après avoir vu toutes ces requêtes rejetées.

La situation ne s’apaise toujours pas depuis la misère le 7 décembre de Pedro Castillo, que le Parlement accuse de tentative de coup d’État. L’ancien président avait notamment essayé de dissoudre le Congrès et de gouverner par décret. Des faits qualifiés de rébellion pour lesquels il est toujours détenu.

Dans le sud du pays, où Pedro Castillo compte de nombreux sympathisants, quelque 200 habitants d’Andahuaylas ont été bloqués par la police sur leur chemin vers la capitale.

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« Faire partir de cette femme »

« Nous irons à Lima, peu importe la manière. À pied s’il le faut (…) Dina Boluarte a dit qu’elle ne voulait pas nous voir, alors elle va nous entendre », a déclaré à l’AFP Anastasia Lipe Quispe, 63 ans et dont les cinq fils sont paysans.

Depuis Cusco, des dizaines d’autres sont partis en bus pour Lima. Un voyage de quinze heures au minimum pour abattre environ 1 100 kilomètres.

Tous ont pour objectif de « faire partir cette femme (Boluarte) », a affirmé un de ces manifestants qui a requis l’anonymat.

Dans la région de La Libertad (nord), des habitants bloquaient la route dépendant de cette région à la capitale avec des pneus, comme dans plusieurs autres localités du Pérou.

À Puno, c’est le pont d’Ilave, qui repose le Pérou à la Bolivie, qui est occupé par des dizaines de protestataires. L’un des habitants de la ville, Richard Acero, a déclaré auprès de l’AFP la « confiscation du pouvoir économique par ce petit groupe qui ne nous représente pas ».

Afin de juguler ces mouvements populaires, l’exécutif à décrété, dimanche, l’état d’urgence pour 30 jours à Lima, Cusco, Callao et Puno, permettant à l’armée d’intervenir pour maintenir l’ordre. Des manifestants bravent depuis lundi cette mesure, qui autorise aussi la restriction de plusieurs droits fondamentaux, comme celui de manifestant.

Le ministre de la Défense, Jorge Chavez, a averti que le nécessaire serait fait pour « éviter une situation de violence », bien que le gouvernement ait aussi déclaré que le droit de manifester serait respecté.

Avec AFP



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