« C’est excitant! », Rory Kockott raconte sa nouvelle vie d’entraîneur



Si l’icône du Castres Olympique Rory Kockott (36 ans) a raccroché les crampons cet été, il a immédiatement basculé vers une carrière d’entraîneur. Responsable de la défense du CO en remplacement de l’Anglais Joe Worsley, le bouillant ancien demi de mêlée découvre son nouveau rôle, sans pour autant changer sa personnalité.

La transition entre le joueur que vous avez proposé et l’entraîneur que vous êtes désormais s’est-elle faite naturellement ?

En tant que demi de mêlée, peut-être. On est toujours dans l’entre deux, on demande toujours beaucoup de choses aux avants et on est à l’écoute des trois quarts. Personnellement oui, ça s’est fait naturellement. Si je n’avais pas la passion de faire ça, je ne l’aurais pas fait. D’être avec les autres entraîneurs, c’est encore plus agréable. Ça me permet de travailler bien et précisément dans tous les sens.

N’étiez-vous pas déjà un peu entraîneur sur le terrain avec votre rôle de demi de mêlée ? N’était-ce pas déjà en vous ?

Peut-être un petit peu, naturellement. Peut-être un peu trop des fois. Mais après dix-huit ans de carrière professionnelle, en tant que personne que je suis, en tant que joueur que je voulais être, c’est arrivé naturellement.

Est-ce plus facile de faire passer votre message avec des joueurs que vous connaissez parfaitement ?

Beaucoup de monde vous dira oui de manière certaine. De connaître les gens c’est beaucoup plus facile. Si j’étais arrivé ici cette année ou si j’étais arrivé dans un autre club, ça n’aurait pas été pareil. Donc c’est positif mais ça peut être une contrainte. Bon, le joueur, s’il t’apprécie, il t’écoute. Je ne suis pas simplement un élément en plus qui lui demande de s’améliorer.

Cela veut dire que votre rapport avec les joueurs n’a pas changé ?

D’une certaine façon non, mais d’une autre oui. C’est l’équilibre, l’adaptation autour de ça et l’impact que tu vas avoir. Ça ne sert à rien d’avoir une relation si ça ne se traduit pas quand tu travailles. Dans ce que tu apportes à cet individu, ça ne sert à rien si tu ne te connectes pas avec lui. Ça veut dire qu’on ne peut pas avoir la même relation, mais il faut garder des choses de la relation qu’on avait.

Est-ce facile pour vous de trouver votre place sur le terrain à l’entraînement ? Notamment avec Pierre-Henry Broncan et David Darricarrère ?

Ils ont vraiment d’expérience. Je m’appuie sur leur façon de faire pour m’habituer. C’est important. J’apporte peut-être des choses sur les retours vidéos, sur les ateliers en individuel. C’est là où tu rentres dans une bulle où tu peux vraiment te connecter avec les joueurs. Pour qu’ils puissent comprendre et qu’ils puissent voir les choses d’une façon différente.

Prenez-vous du plaisir ?

J’aime faire ça. J’aime le fait de pouvoir être avec les joueurs, de les entraîner, de les aider à s’améliorer. Mais c’est juste une partie du travail. Il y a cette partie technique et une partie humaine, avec le mental. Cet équilibre entre tout ça et pour moi primordial.

Vous avez pris le relais de Joe Worsley en tant qu’entraîneur de la défense. Travaillez-vous dans la continuité ?

Bien sur. Dans beaucoup de choses. Mais sans évolution, on évite le succès. C’est ce que j’ai dit aux joueurs. Le rugby évolue très vite et ça ne s’arrête jamais. Nous avons des principes, des fondamentaux, qui resteront, mais aussi des évolutions dans le secteur défensif. J’adore la précision. On doit découper les choses et analyser. Mais on n’est pas que là-dedans. On doit avoir une façon de faire pour être globalement constant et performant. Ce travail qu’on fait maintenant ne portera peut-être pas ses fruits la semaine prochaine. Mais dans les mois qui viennent, en fin d’année et les années suivantes, oui.

« Christophe (Urios) a fait du super boulot à Castres »

Ce week-end vous rencontrez Bordeaux. Vous allez croiser votre ancien manager Christophe Urios. Irez-vous à sa rencontre avant le match ?

Moi, ça ne m’embête jamais de parler avec les entraîneurs ou les gens. Avant, après, même si on a perdu, c’est du sport. Ce ne sont pas des histoires de guerre. Ce sont des relations personnelles, ou pas, des relations professionnelles, qu’on doit sûrement et simplement avoir. Le sport c’est une chose. C’est important, oui, mais il y a beaucoup de choses plus importantes dans la vie.

Quelle image avez-vous gardé de lui ?

Christophe a fait du super boulot à Castres. Il a fait un énorme travail. Il a fait gagner un titre (champion de France en 2018, ndlr), a mis en place énormément de structures dans le club. C’est un très bon manager. Dans le sens humain aussi, on le connaît bien. C’est un homme fier, avec de l’expérience et du savoir-faire dans toutes les situations.

Vous dites que ça ne vous embête pas de parler avec les acteurs d’un match, est-ce la même chose avec les arbitres dorénavant ? discutez-vous plus facilement avec eux ?

Moi j’avais une superbe relation avec les arbitres. Avant le match aussi, pour discuter, échanger. Je n’ai jamais eu de souci avec ça. Il faut continuer. On est là pour discuter, s’améliorer. Mais si eux ne veulent pas, ça ne m’embête pas. Nous, on veut toujours être dans la progression, poser des questions pour s’améliorer. Il faut poser des questions ! Sinon comment tu vas savoir?

Il y a eu deux matchs de Top 14 disputés cette saison, comment les vivez-vous? Est-ce difficile ?

Non, pas du tout. Nous, on fait le travail en début de semaine. Plus la semaine passe et moins on en a. Les joueurs fument leurs responsabilités. On peut intervenir, mais très peu.

Est-ce tout de même stressant ?

C’est excitant ! Je m’excite, je transpire en m’investissant dans l’échauffement…

Vous avez retenu un inconditionnel de la préparation physique en tant que joueur, continuez-vous à vous entretenir malgré l’arrêt de votre carrière ?

OUI ! Hier (mardi), j’ai « pris » notre responsable de la préparation physique Vincent Giacobbi, je pense que ce (mercredi) matin il ne peut pas marcher (sourire)… mais oui, j’adore me mettre au bord du précipice physique . Le rugby à toucher et le foot dans la semaine avec le staff, ça ne m’intéresse pas. Parce qu’il y en a qui s’énervent très vite. Et si certains sont très bons, d’autres sont très mauvais. Comme notre préparateur Julien Rebeyrol, qui a deux pieds gauches et deux mains droites.

Vous leur « mangez » le cerveau ?

Non, pas du tout ! Je les laisse tranquille (sourire)…



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