Carnet de bord de la Coupe du monde : Double dose


Tous les jours, les spéciaux envoyés de RMC vous font vivre de l’intérieur une Coupe du monde qui ne ressemble à aucune autre.

Mercredi 23 novembre. J’avais coché cette date dans mon calendrier avant même de m’envoler pour Doha. Il s’agissait là de mon premier jour de repos.

Je m’occupe de l’Intégrale Coupe du Monde et de l’After, je n’avais pas encore eu l’occasion d’aller voir un match depuis le stade. Par conséquent, hier c’était double dose !

Dès 11h00, le rendez-vous était pris avec Gilbert direction Al-Khor et son stade Al-Bayt. Le stade qui accueillait le match d’ouverture entre le Qatar et l’Equateur.

Plusieurs membres de RMC Sport ont tenté de nous dissuader : c’est le stade le plus loin de notre hôtel, l’accès est très compliqué, la climatisation beaucoup trop forte. Surtout, nous n’avons pas réservé de billets pour ce match…

L’envie de vivre cette Coupe du monde au plus près est plus importante, avec le soutien de l’amoureux du foot africain qu’est Gilbert, je commande un Uber pour aller admirer le Ballon d’Or 2018 défier les Lions de l’ Atlas. Au bout de quelques minutes de voiture, on se retrouve rapidement à l’arrêt et l’heure d’arrivée affichés sur le Waze du chauffeur nous comprenons qu’on n’assiste probablement pas au coup d’envoi prévu à 13h…

Les supporters marocains mettent l’ambiance

Après une route interminable, on finit par arriver à quelques centaines de mètres du stade aux alentours de 12h40. Gilbert, pas intimidé par les 35 degrés ressentis sous le soleil de plomb, se souvient de son passé de coureur et me propose de terminer à pied. On se mêle aux milliers de supporters marocains qui se pressent pour ne pas louper le coup d’envoi sans savoir à cet instant qu’on se lance dans un deuxième périple. Une passerelle d’un kilomètre à traverser, des centaines de mètres de barrières placées en serpentin à la fine pointe avant de s’approcher de la première entrée. Avec notre accréditation, on doit accéder via l’entrée réservée aux médias.

Malheureusement elle est située à l’opposé de la porte d’entrée où nous sommes. On doit quitter le parvis, redescendre puis traverser à nouveau les barrières…. Il est 13h07, j’ai dû perdre deux litres d’eau (alors que Gilbert est frais comme un gardon) et le plus dur commence. Comment accéder au stade sans billet simplement munis de nos accréditations ? Impossible de rester sur le carreau au risque de se faire charrier par tous les collègues qui m’avaient dit la veille « tu vas te taper 2 heures de route pour finir en plein milieu du désert sans aucune possibilité de voir le match. »

Gilbert, en homme d’expérience, m’a briefé dans la voiture. « Quand tu arrives devant le garde, tu fais comme si tu savais exactement où tu allais. Si tu tergiverses ne serait-ce qu’une seconde, c’est mort ! »

On passe nos sacs à dos à la sécurité, ultime frayeur lorsqu’au scanner on prend mon stylo pour un objet coupant… Finalement tout va bien, nos accréditations sont scannées et à 13h28 précisément, je rentre dans ma Coupe du monde ! Sur le terrain, le niveau n’est pas extraordinaire mais je me console avec les chants des supporters marocains qui permettent l’une des meilleures ambiances depuis le début de la compétition.

Au bout de quelques minutes, j’ai peur que l’expérience tourne court quand un stewart vient me demander mon ticket match. J’ai retenu le conseil de Gilbert, je lui dis que je l’ai perdu mais que je n’avais pas le temps de parlementer parce que j’avais un papier à rédiger… La tribune de presse étant à moitié vide, j’ arriver à m’en sortir.

Chat noir

14h57, fin du match. Le temps d’une petite photo souvenir avec Gilbert en tribunes et en repart pour un nouveau périple (le tour du stade, la traversée de la passerelle, les serpentins…). On est alpagués par un chauffeur de taxi bengali qui nous propose d’éviter la file d’attente en nous montrant son véhicule garé à quelques mètres. Après une âpre négociation, on prend la route direction l’hôtel à 15h35. Embouteillages, routes fermées… Il est 16h34 quand nous arrivons à l’hôtel, au moment même où Gundogan inscrit son penalty face au Japon. Je monte dans ma chambre pour suivre la suite du match et la sensation japonaise. Dans la foulée, j’enquille sur la première période d’Espagne-Costa Rica. En regardant les deux combats de match, je me dis que je n’ai pas forcément été bon sur le choix de mes matchs… Mais il est déjà l’heure de partir pour le stade Ahmed-Ben Ali où aura lieu Belgique-Canada. Une heure de trajet pour arriver au stade, cette fois-ci avec une heure d’avance. L’occasion de profiter de la Fan Fest installée aux abords du stade avec un DJ qui envoie une playlist très 90’s, pour le plus grand plaisir des Belges et des Canadiens qui, j’en suis sûr, ont su où trouver de l’alcool avant d’arriver au stade…

Les supporters canadiens avant Belgique-Canada
Les supporters canadiens avant Belgique-Canada © RMC SPORT

Je m’installe en tribunes vers 21h30, et comme les Marocains en début de journée, ce sont les fans canadiens qui égaient ma soirée. Avec une mention spéciale pour leur « VAR, VAR » sur l’action où Buchanan est annexé dans la surface. Bon, je ne vous cache pas que quand Davies rate son penalty, je me dis que je suis quand même un sacré guignard et que je suis condamné à pas voir un but depuis le stade… Michy Batshuayi me permet de sauver l’honneur.

Nicolas Jamain et Jimmy Braun lors du Mondial 2022
Nicolas Jamain et Jimmy Braun lors du Mondial 2022 © RMC SPORT

Il est 23h58, j’annonce à Nico Jamain qui était au commentaire que je l’abandonne lâchement pour pas galérer sur le retour…. Encore eu du pif sur ce coup…. L’accès au métro est complètement saturé. Je mets une heure à accéder à la station, entassé dans une file d’attente interminable et sans possibilité de faire demi-tour… Un peu plus d’une heure de métro plus tard, il est 1h53 quand j’arrive devant l’hôtel où je croise Nico qui sort de son taxi après avoir eu le temps de récupérer les réactions belges en zone mixte…

5h45 de transport pour un but, c’est quand même un sacré ratio de chat noir! Mais bon je vous le dis franchement, si c’était à refaire…. Je le referais tous les jours !



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