Au cœur d’un centre de formation pour joueurs d’e-sport



Après trois ans d’absence, la Paris Games Week, la grand-messe du jeu vidéo, se tient de mercredi à dimanche, Porte de Versailles à Paris. Parmi les stands, certaines équipes d’e-sport, avec des joueurs de jeux vidéo professionnels. Un métier qui prend beaucoup d’importance ces dernières années – à tel point que des écoles s’ouvrent pour les anciens athlètes de demain.

Au centre de Paris, la PHG Academy est un centre de formation pour compétiteurs d’e-sport. Dans cette salle surchauffée, sans fenêtre, ça clique, ça tape frénétiquement sur son clavier. Ils sont douze étudiants, dans leur première année post-bac, entourés d’un entraîneur.

Ces joueurs qui ont dû convaincre leurs parents de les inscrire dans cette école un peu particulière : « Je leur ai expliqué l’emploi du temps, parce qu’ils ont pensé qu’on allait jouer toute la journée. Mais non, le matin on a des vrais cours : communication, sport, nutrition, marketing… et de 14h à 18h, cours de e-sport », explique un étudiant.

Le cours de e-sport, c’est quatre heures de gaming, de jeux vidéo, tout l’après-midi, chacun sur son jeu de prédilection. Mais il ne suffit pas d’être bon manette en main pour être un bon e-sportif, « il faut avoir une bonne hygiène de vie, c’est le plus important » explique l’entraîneur Quentin Tessier. « Avoir un bon mental, un bon physique, ça passe par l’alimentation, un bon rythme de sommeil, le sport et la gestion du stress et de la pression. C’est ce qui fait qu’un joueur est complet. » Ce type de suivi à un coût : 7.600 euros l’année environ.

De la difficulté de devenir professionnel

L’école se vante d’envoyer 20 % de son effectif vers le haut niveau – et même les meilleurs ne restent pas des joueurs très longtemps car la compétition est très élevée. En fait, plusieurs formations du genre ont même jeté l’éponge ces dernières années car il est pratiquement impossible de garantir un avenir de joueur pro à ces étudiants, sachant qu’il n’y a que 300 joueurs qui vivent de l’e- sport en France.

C’est aux clubs finalement, qu’incombe la tâche de leurs anciens joueurs les plus prometteurs, comme Vitality, MCES, GameWard. Un peu comme au pied, ce sont eux qui détectent les jeunes talents. À leur charge ensuite de bien faire attention à ce qu’ils ne négligent pas les cours. DKS est un petit prodige du e-sport. Il a 15 ans et il joue à Fortnite. Le président du club marseillais MCES, qui l’entraîne, nous as assuré qu’en cas de mauvaise note, le club pouvait aller jusqu’à lui annuler une compétition. C’est l’école avant tout !

Aménager les études

Mais pour Nicolas Besombe, sociologue de l’esport et très bon connaisseur du secteur, il faudrait aller plus loin. Il estime que pour que les joueurs d’e-sport excellent manette en main et devant leur feuille d’examen, « il faut répliquer ce qui existe pour les sportifs de haut niveau », c’est-à-dire, « un aménagement du temps scolaire qui leur permet, lors de grandes compétitions, d’avoir leurs examens et leurs cours rattrapés après. »

« C’est pertinent pour le e-sport avec des joueurs souvent jeunes, encore scolarisés. C’est dommageable qu’on les oblige entre activité professionnelle dans l’e-sport et continuer leurs études. »

Avoir un vrai diplôme universitaire en parallèle de leur carrière en e-sport, en marketing, en communication, en droit, en commerce, serait d’autant plus important que certaines carrières dans l’e-sport s’arrêteront très tôt, vers 23 /24 ans. Il faut dès lors avoir déjà pensé à la suite de sa carrière professionnelle, une fois la manette rangée dans le placard.



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